Ura Horror, Shiraishi Kôji (2008)


ura horror shiraishiURA HORROR, aka Ura Horâ
裏ホラー
Année : 2008
Genre : hip hip hip ura !
Production : Geneon
Réalisation : Shiraishi Kôji
Avec : Shimizu Takashi et… ?


Une dizaine de found footage dont personne n’a jamais pu vérifier l’authenticité. Des anecdotes amusantes mais qui peuvent virer à la tragédie (ces étranges mollusques découverts au bord d’une plage), des abeilles tueuses, une petite fille habitée, des suicides qui prennent toujours place au même endroit sans que les victimes n’aient de points communs apparents, un homme qui tente de tordre une petite cuillère par la seule force de son esprit mais dont le numéro connaitra une chute… inattendue. Et bien plus encore.

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Fort de ses succès (au moins d’estime) dans les années 2000, en 2008 Shiraishi Kôji marche sur l’eau – purulente des cloaques des films d’horreur en tous genres. Si au moment où j’écris ces lignes Shiraishi Kôji semble plus ou moins tourner en rond avec son style caméra à l’épaule et vrai-faux documentaire, à l’époque de la sortie d’URA HORROR sa technique apportait une véritable bouffée d’air frais et pestilentiel aux films d’horreur japonais. Depuis NOROI (son chef d’œuvre, à mon pas tout à fait humble avis), Shiraishi Kôji a en effet développé une approche extrêmement réaliste de la chose horrifique en brouillant les cartes et  en se jouant des spectateurs – certains de ses courts métrages, uploadés tels quels sur Youtube, sont parfois pris très au sérieux par certains visiteurs (un brin naïfs sans doute, mais il en faut).

Avec URA HORROR, Shiraishi Kôji pousse le bouchon du docu authentique très loin puisqu’il n’y a pas de générique, aucun acteur crédité et bien évidemment pas de réalisateur cité – on sait maintenant qu’il s’agit bien de Shiraishi Kôji et d’un certain Fukuda Yôhei pour l’épauler (un technicien qui ne tardera plus à prendre son envol, d’ailleurs). Le plus amusant, dans ce jeu de rôle invisible (puisqu’il n’y aurait « pas » de rôles), c’est que Shiraishi joue le jeu aujourd’hui encore ! Pour l’anecdote, sachez que durant l’un des treize courts métrages d’URA HORROR (Out of Body Experience, le meilleur), il est possible d’entendre une voix glaçante d’effroi, vers la fin de l’histoire. Cette voix est en fait enregistrée à l’envers, ce qui lui donne cette saveur de frousse particulière réveillant en nous des peurs ataviques. L’un des lecteurs d’échec et (ciné)mat, SorgUR, a isolé la piste audio de ce petit monologue et l’a rejoué dans le bon sens. On y entend alors une phrase étrange, mais pas nécessairement très logique. Je me suis alors amusé à contacter Shiraishi afin de savoir si SorgUR et moi avions bien compris la phrase en question, et pour toute réponse le malicieux réalisateur s’est contenté de me dire qu’il n’avait… rien entendu ! Le film serait donc bien réel et Shiraishi ne l’aurait pas réalisé, bien évidemment… Ou alors Shiraishi Kôji est sourd.

Voici, à mon sens, ce que l’on peut y entendre : どうしますか?そうです。あっち行きますか?そっちもいいよね。De vrais mots mais qui mis bout à bout ne veulent pas dire grand-chose…

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Enfin bref. URA HORROR est un film très intéressant si vous aimez le genre (found footage/horreur mystérieuse, capable de passer de la terreur au grotesque drôle ou navrant en un seul battement de cil), bien qu’un peu cheap par moment. Comme toujours avec ces petites histoires indépendantes les unes des autres, l’ensemble se révèle relativement inégal mais divertissant – si on est un habitué de l’horreur japonaise à la sauce DTV, j’entends.

Surtout, on pourra s’amuser à déceler ça et là des idées et autres tics de réalisation qui colleront à la peau de Shiraishi Kôji pendant bien des années encore – les espèces de minuscules totems à forme humaine, les étranges tentacules noirs qui surgissent de la bouche d’une suppliciée, les vues nocturnes via infrarouge, la fille qui tombe en transe, etc. Cerise sur le gâteau : l’inénarrable Shimizu Takashi apparait furtivement durant l’un des segments du film dans son propre rôle. URA HORROR est donc un mockumentary particulièrement digeste, en particulier quand on sait qu’il date de 2008 et, qu’à l’époque, les spectateurs aventureux qui gardaient surtout à l’esprit les (relatives) réussites de CANNIBAL HOLOCAUST et THE BLAIR WITCH PROJECT n’étaient pas encore victimes d’overdose de found footage.

Oli : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Le court dialogue dont je parle plus haut, remis dans le bon sens :

Quelques chapitres du film sont disponibles avec STA à cette adresse.

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Quick Review in English:

+ In 2008, found footage movies were still interesting – now, there are way too many craps
+ Many short stories, sometimes scary, strange, most of the time a little grotesque – funny?
+ Many of the tricks Shiraishi will use in the future are already in this movie
+ No credits, no casting, no director… Shiraishi likes to play it real^^
+ Now, we know that Shiraishi was the director and Fukuda Yôhei the cinematographer
+ Very short stories, no time to get bored
+ The real Shimizu Takashi hunting a real ghost
+ The little animals on the beach look like pink anus, ah ah ah!

– Not as good as Shiraishi’s masterpiece NOROI
– Sometimes, pretty cheap CGI
– Don’t expect a great/real horror movie: it’s just an ingenious mockumentary
– Many stories so… some of them are not as interesting as the others

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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