Kaijû daisensô, Honda Ishirô (1965)


Kaiju daisenso 1965KAIJÛ DAISENSÔ, aka Invasion of Astro-Monster, aka Invasion Planète X, aka Monster Zero
怪獣大戦争
Année : 1965
Genre : soucoupes violentes
Production : Toho / UPA
Réalisation : Honda Ishirô
Avec : Nick Adams, Takarada Akira, Tazaki Jun, Kubo Akira, Mizuno Kumi, Sawai Keiko, Tsuchiya Yoshio, Sasaki Takamaru, Shimizu Gen, Tabu Kenzô, Tajima Yoshifumi, Kirino Nadao, Uno Kôji, Ibuki Tôru, Suzuki Kazuo, Nakajima Haruo, Shinohara Masaki, Hirose Shôichi


Deux astronautes, Fuji et Glenn, partent inspecter la mystérieuse Planète X. Sur place, ils découvriront une race extraterrestre d’apparence humanoïde particulièrement avancée, mais qui vit depuis longtemps sous le joug d’un monstre gigantesque qu’ils ont baptisé Monster Zero. Fuji et Glenn ne vont pas tarder à s’apercevoir qu’ils connaissent le monstre en question… Sur Terre, on le nomme King Ghidorah !

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La série GODZILLA continue sa dégringolade dans le divertissement pour (très jeunes) enfants. Si on n’atteint pas encore le point de non-retour du huitième film (avec le fils de Godzilla !), KAIJÛ DAISENSÔ n’en demeure pas moins particulièrement éloigné de l’ambiance des premiers opus – ici, oubliez le côté « film catastrophe », les victimes collatérales et l’allure imposante de Godzilla. Pour la première fois dans l’histoire de la franchise, KAIJÛ DAISENSÔ est davantage un film de SF qu’un vrai kaijû eiga. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas si désagréable !

L’ambiance SF ultra cheap pourrait ainsi faire fondre le petit cœur des fans de la série originelle STAR TREK. Le début sur la planète X est réjouissant au possible : décors en carton-pâte, effets spéciaux ayant largement dépassé la date limite de consommation, combinaisons et pistolets en plastique… Oui, les vieux de la vieille apprécieront ce retour aux sources usées du cinéma fantastique ! Surtout, la manière dont l’intrigue est lancée fonctionne bien : atmosphère poisseuse et mystérieuse, des traces de pas sur une planète prétendument inhabitée, un cri qui déchire les entrailles du vide spatial… et les extraterrestres qui se décident enfin à débarquer ! Nonobstant le ridicule de leur dégaine (que vous jugerez différemment selon votre âge et vos habitudes de cinéphile), ces extraterrestres aux traits asiatiques (il vaut mieux en rire) dégagent un je-ne-sais-quoi de dérangeant. Une impression de malaise qui atteint son paroxysme quand le chef des petits hommes pas verts, qui parlait jusque-là en japonais pour communiquer avec ses hôtes, se lancera dans une tirade en langage extraterrestre sans sous-titres pour le spectateur. Mais le ton employé ne laisse aucun doute : il ne s’agissait pas de paroles amicales ! Une idée  de mise en scène absolument géniale !

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Pour le reste, KAIJÛ DAISENSÔ se contente de réciter les gammes de l’invasion extraterrestre sans faire preuve d’une grande originalité – des aliens sont déjà infiltrés parmi nous, bien sûr ils jouissent d’une technologie supérieure à la nôtre mais ils souffrent aussi d’une faiblesse secrète et potentiellement fatale. Concernant les kaijû, c’est la grande déception du jour : KAIJÛ DAISENSÔ aurait presque gagné à n’être qu’un film de SF classique, plutôt que de se hasarder à mélanger les genres et à injecter des monstres géants de manière trop artificielle. Rodan et Godzilla, désormais du côté du bien, sont manipulés du début à la fin (ou presque) par les extraterrestres, et King Ghidorah, toujours aussi classe, se complait à faire le mal.

Si King Ghidorah soigne son image de vilain, il en va tout autrement de Godzilla. Plus spectateur que véritablement acteur, le grand saurien au regard inimitable n’est vraiment pas épargné durant ce film. En effet, lorsque les projecteurs le mettent finalement en vedette, c’est pour le montrer en train d’exécuter des mouvements ridicules et hors de propos (danse, combats de boxe, etc.). Quelle tristesse ! Cela condamne-t-il KAIJÛ DAISENSÔ à la catégorie nanar irrécupérable pour autant ? Que nenni ! Comme je l’ai déjà dit, KAIJÛ DAISENSÔ peut être vu comme un petit film de SF à l’ancienne – on pourrait presque parler d’antiquité – bien rythmé et particulièrement divertissant… Si vous avez gardé une âme d’enfant, cela va sans dire.

Oli : drapeau2 drapeau2

Bonus : les maquettes !

Trailer :

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Quick Review in English:

+ If you like very old-school SF movies, you may like this one!
+ Great opening climax: mysterious and surprising
+ Aliens, plots, invasion, yes it’s an entertaining movie
+ The heroes are cool (Takarada Akira, once again! Nick Adam who died in 68)
+ Mizuno Kumi
+ It’s interesting to see how this franchise changed – now it’s about aliens!

– Not a real kaijû eiga anymore
– Godzilla is ridiculous (boxing, dancing…)
– Godzilla is handled like a puppet

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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