Kokô no tooboe, Kobayashi Yûki (2015)


kamikaze_cowboyKOKÔ NO TOOBOE, aka Kamikaze Cowboy
孤高の遠吠
Année : 2015
Genre : bad boys band
Production : Violence Jack Film
Réalisation : Kobayashi Yûki
Avec : Watanabe Yûzuki, Kamio Kazuki, Hibino Shôya, Masuda Ryôta, Akaike Yukiya, Kobayashi Motoki, Umemoto Keiki, Nakanishi Hideto, Makino Yoshiki, Nakakomi Atsushi, Ishikawa Bon


Quatre jeunes presque sans histoires, vivant dans une petite ville aussi paumée qu’eux (Fujimiya), rachètent des scooters « tombés d’un camion » à deux malfrats. Ils ne le savent pas encore, mais ils viennent de mettre le doigt dans un engrenage fatal, qui va les entrainer dans un monde qu’ils ne connaissaient pas jusque-là : l’univers des bandes de jeunes voyous, qui ne sont pas encore tombés sous la coupe des yakuzas, et qui vivent de trafics et de violences en tous genres.

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Yûbari est une ville de Hokkaido qui a fait faillite en 2007. Elle survit depuis tant bien que mal, avec des services publics en berne et des habitants qui la désertent quand ils ne peuvent plus supporter l’insupportable. Mais fort heureusement, Yûbari est aussi connue pour autre chose. Son melon tout d’abord, réputé dans tout l’archipel. Mais aussi son festival de cinéma, ayant lieu chaque année en hiver : le Festival international du film fantastique de Yûbari. Enfin, « fantastique » c’est vite dit. Disons qu’il s’agit avant tout d’y célébrer une certaine idée du cinéma de genre – et comme c’est justement le but du blog échec et (ciné)mat, inutile de vous dire que je garde toujours un œil avisé sur ce festival fort attachant. En cette année 2016, c’est un film méconnu qui a raflé le Grand Prix : KOKÔ NO TOOBOE, réalisé par un jeune de 26 ans ayant déjà NIGHT SAFARI à son actif, et qui a d’ailleurs fait la gueule lors de la remise du prix (voir ici). En réalité, il plaisantait – je présume qu’il souhaitait rester dans le ton de son long métrage. Il faut savoir que pour mettre en scène la lente descente aux enfers de plusieurs jeunes pris au piège du monde des petits malfrats, l’intéressé a tourné avec de vrais yankees/bad boys/chinpira. Réalisme quand tu nous tiens – par les couilles !

Alors oui, le film est réaliste. Et oui, il est vulgaire. Il est aussi fauché comme les blés, et je pense qu’il faut garder ce dernier point à l’esprit lorsque l’on visionne KOKÔ NO TOOBOE. Le film a des défauts, assez nombreux : certains effets de caméra à l’épaule tombent à plat, quelques acteurs sont à l’ouest (en fait plutôt à l’est, hum), la photo est assez maitrisée la nuit mais brinquebalante lors des scènes de jour, on s’aperçoit régulièrement que les coups ne sont pas portés et les musiques sont envahissantes et souvent mal utilisées. Oui mais…

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Oui mais si vous aimez prendre des risques, découvrir des trucs improbables et qui sortent de l’ordinaire, vous serez indulgent et ferez donc fi des défauts précités. Tout d’abord parce que le réalisateur manque d’expérience, mais aussi parce qu’il n’avait pas un budget conséquent pour mettre en images sa version d’un fait divers bien réel – survenu dans une zone périurbaine du Japon (Fujimiya, dans la région de Shizuoka, lieu de naissance du réalisateur). Ensuite et surtout parce que KOKÔ NO TOOBOE dégage quelque chose d’unique. Le film a de la gueule. Il surprend. Passionne. Interroge. Inique. Qu’il est plaisant de ne pas toujours pouvoir anticiper la scène qui va suivre, d’être surpris quand un motard prend véritablement une route à contre-sens ou qu’un policier bodybuildé sort d’on-ne-sait-où ! Qu’il est réjouissant d’avoir l’impression de plonger en apnée dans la nocturne décadence de ces petites frappes qui vivent de vols, de rackets et plus si affinités. Malgré les erreurs de jeunesse du réalisateur, pendant deux heures je me suis retrouvé en complète immersion dans ce monde rarement décrit avec autant de rage et d’honnêteté, ces dernières années au Japon (c’est l’anti-CROWS ZERO) – surtout que certains des acteurs, qui n’en sont pas, sonnent plutôt juste (on me souffle dans l’oreillette qu’il ne s’agirait pas de rôles de composition). On en vient presque à se dire qu’il vaut mieux habiter en ville, où les vrais yakuzas ne prennent pas le temps d’emmerder les citoyens lambdas, que dans ces lointaines banlieues à mi-chemin de la campagne et de l’urbanisme fuyant, où des petits malfrats se sentent pousser des ailes et finissent par être prêts à tout.

KOKÔ NO TOOBOE est un film qui cumule beaucoup de maladresses, certes, mais aussi quelques vraies fulgurances. Un film coup de poing, coup de pied, coup de tête, coup de genou… coup tout ce que vous voulez ! D’ailleurs, c’est aussi mon film coup de cœur, cette année.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ 2016 Yûbari Film Festival Grand Prix
+ So interesting, from a true story: crime and violence in a suburban area, in Japan
+ We don’t see that very often – usually it’s always Tokyo, big cities, etc.
+ You’ll have an idea of the life of the young bad boys, far away from the big cities
+ Most of the actors are not professionnal, actually some ot them are real bad boys…
+ … Real thugs?! Sometimes it’s great: everything looks so real!
+ So immersive. During 2 hours, you’ll be « inside » their world
+ Unexpected scenes, crazy ideas, it’s pretty original for a « bad boys movie »
+ The complete opposite of CROWS ZERO
+ Everything is far from beeing perfect, but…
+ … Sometimes the director does great things: he’s talented

– To enjoy this movie, you’ll have to be indulgent…
– Because the director is young, he made some mistakes and…
– … This is a very, very low-budget movie, please keep that in mind!
– The way the director uses the musics is, for me, a mistake: it’s invasive
– A few « actors » have difficulties to act

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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