Godzilla: King of Monsters, Michael Dougherty (2019)


GODZILLA: KING OF MONSTERS, aka Godzilla: King of The Monsters, aka Godzilla II Roi des monstres
ゴジラ キング・オブ・モンスターズ
Année : 2019
Genre : God-zilla
Pays : États-Unis / Japon
Production : Warner Bros / Toho
Réalisation : Michael Dougherty
Avec : Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown, Watanabe Ken, Zhang Ziyi, Bradley Whitford, Charles Dance, Sally Hawkins, Thomas Middleditch, Aisha Hinds, O’Shea Jackson Jr., David Strathairn, Anthony Ramos


Les monstres géants, rebaptisés Titans par certains spécialistes pensant que leur présence sur Terre remonterait à des temps immémoriaux, sont désormais partout dans le monde. La panique est bien réelle. Les catastrophes se multiplient. Certains veulent détruire les Titans, quand d’autres ont des approches radicalement différentes… C’est notamment le cas d’un groupe obscur, peut-être terroriste, qui va tenter de mettre la main sur la machine Orca, afin de réveiller les monstres un à un, espérant ainsi guérir le monde de tous ses maux. Une sorte de grand nettoyage par le vide ?

Je dois avouer avoir été particulièrement déçu par le GODZILLA de 2014 (élégant, pas inintéressant mais pas assez kaijû-esque) et SKULL ISLAND. Avec KING OF THE MONSTERS, la Warner et la Toho remettent les pendules à l’heure, les points sur les i, les barres aux t et les griffes aux géants sauriens : le film de Michael Dougherty est tout simplement le meilleur kaijû eiga moderne, jouissif au possible, super rythmé, blindé de références aux films d’antan (jusqu’aux Shobijin ici canonisées) et de plans iconiques au possible. King Ghidorah est absolument extraordinaire, Rodan est sublime, Godzilla est le roi des rois… Mothra est fabuleuse… Oui je t’aime, Mothra ! Il y avait longtemps que je n’avais pas eu autant de frissons devant un film de pur divertissement – que je n’avais pas eu les yeux un peu humides, par exemple face aux premières apparitions à l’écran de ces monstres légendaires issus des remugles de notre imaginaire… face à certains de leurs morceaux de bravoure inoubliables, sublimés par des CGI de qualité qui se mettent ici au service de la narration : c’est-à-dire des combats qui à eux seuls, oui, racontent une histoire. Qu’il s’agisse de ces scènes d’action dantesques ou de plans d’exposition beaucoup plus lents, le réalisateur fait mouche et le résultat est visuellement très impressionnant : avec KING OF THE MONSTERS, inutile d’avoir recours à l’Oxygen Destroyer pour avoir le souffle coupé !

Mais la force de KING OF THE MONSTERS, au-delà du fan-service assumé et intelligemment exécuté, c’est également la présence des humains. On me répondra que ceux-ci ne sont pas particulièrement bien écrits. C’est vrai. Que les marines ne dégagent pas grand-chose quand on les compare à ceux d’ALIENS ou de THE ROCK. Certes. Mais ils ne sont pas complètement ratés pour autant. Ils dégagent juste ce qu’il faut d’humanité et de fragilité pour replacer le spectateur fébrile au bout de la piste de bowling géant, droit comme une quille… attendant d’être dévasté par un monstre démesuré. Ces humains sont à mon sens indispensables au récit, pour créer un rapport de force déséquilibré, une échelle de grandeur contrariée : le spectateur a alors l’impression de se retrouver au centre même des catastrophes. Et c’est ce qui manquait cruellement à SHIN GODZILLA, sorti au Japon en 2016.

KING OF THE MONSTERS c’est donc tout cela à la fois : un vrai kaijû eiga aux combats, références et morceaux de bravoure presque émouvants, des catastrophes à gogo, des morts par milliers, des personnages d’humains pas trop ratés (bien aimé le délire mystico-écologique extrémiste), des CGI immenses au sens propre comme au figuré et un scénario qu’on aurait aimé mieux troussé et parfois plus cohérent mais qui a le mérite d’aller à l’essentiel et de mettre en avant les vraies stars du film. Les monstres.

Cruels festins et indécentes libations improvisés sur un plateau bien incongru : une petite planète bleue… à manger toute crue ?

Le roi est mort. Vive le roi !

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ A love letter for the Godzilla fans
+ So many things from the old movies, cleverly included in the story…
+ … even the Shobijins!
+ Striking monsters, it’s unbelievable
+ King Ghidorah! Rodan! Mothra, my beloved Mothra… And Godzilla!
+ Oh my god… zilla!
+ So much chills
+ The fights are great, CGI are fantastic
+ A real disaster movie, many people will die
+ The scenario is not great but it’s enough for a kaijû eiga, it goes to the basics
+ The human characters are not very well written but… they are necessary:
+ thanks to them the spectator has the impression of being vulnerable, too

– As I said: the human characters could have been better
– For instance the Marines…
– The story is not always very consistent
– A movie for, and only for Godzilla’s fans?

PS : Merci à Rick pour les images

 

 

 

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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5 commentaires pour Godzilla: King of Monsters, Michael Dougherty (2019)

  1. Genki Jason dit :

    Nice review.

    I enjoyed the first one in the cinema so much I went back with my mother and sister. I wanted to see the newest one but never got around to it which is a shame because, judging by your review, I would have really liked the action and seeing the monsters on the big screen.

    • Oli dit :

      This movie got many bad or average reviews in Occident. I wonder why. If you like big monsters, it’s incredible. It’s a real kaijû eiga. Of course the story could have been better. But I don’t care. Mothra forever!

  2. Postscriptom dit :

    Salut Oli, vu au ciné en 3D et beaucoup aimé aussi (ça pète en grand écran !), assez mal accueilli en France c’est vrai (le côté « serial » en a rebuté plus d’un je pense, alors que c’est typique des films de la Toho et le réal’ n’a pas « la carte » en plus, reconnu juste comme un faiseur…), cela dit j’aime bien le premier aussi (avec ses défauts et son approche plus américaine, mais Binoche…), toujours pas vu le Shin Godzilla qui a l’air spécial mais a eu de super critiques, et n’oublie pas leur Giant God Warrior Appears in Tokyo co-produit pas Ghibi, ça dure dix minutes mais c’est un chef-d’oeuvre, ce serait parfait une petite review à la suite de tous ces films, lien ci-après, @+… https://vimeo.com/64987176

    • Oli dit :

      Toujours un plaisir de te lire Post’. En plus tu as beaucoup aimé le film, ça me rassure. Sur le net, j’ai essentiellement croisé des personnes qui n’avaient pas aimé, voire détesté. J’avoue que j’ai du mal à comprendre ce qu’ils attendent d’un kaijû eiga. Je vais aller voir le court métrage dont tu parles – je ne connais pas ! Merci. A+ !

    • Oli dit :

      J’ai enfin vu le court métrage. Très cool ! D’ailleurs c’est réalisé par des pointures. Merci de me l’avoir conseillé. En dehors de ça, j’espère que tu vas bien, avec tous les problèmes qu’il y a actuellement un peu partout…

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