Sangekikan: Blind, Ochazukenori et Yamaguchi Hiroki (2011)


SANGEKIKAN: BLIND
惨劇館 -ブラインド-
Année : 2011
Genre : toi aussi, tu HLM les banlieues ?
Production : Geneon Universal
Réalisation : Ochazukenori et Yamaguchi Hiroki
Avec : Aizawa Rina, Tokky, Itô Karin, Kaitô Jun, Nakajima Atsuko, TORICO, Takada Kôtarô


Clouée au lit à la suite d’un accident, Sakura passe son temps à espionner son quartier et les immeubles environnants, cachée derrière ses stores épais et simplement armée d’une grosse paire de jumelles. Un soir, elle surprendra son frère en train d’assassiner violemment une jeune femme…que la police retrouvera le lendemain matin, le visage complètement lacéré.
Tiraillée entre la volonté de faire éclater la vérité, et l’envie de protéger son frère, dans un premier temps Sakura préférera se taire. Elle demandera également des conseils à son père, qu’elle a la chance d’avoir au téléphone presque quotidiennement. Un père pourtant tragiquement décédé plusieurs années auparavant…

A l’instar de TOMIO et EKO EKO AZARAK, SANGEKIKAN: BLIND est l’adaptation d’un manga qui a été directement confiée à…l’auteur de l’œuvre originale. Après Itô Junji et Koga Shinichi, c’est cette fois-ci le mangaka Ochazukenori (un pseudo, je vous laisse décortiquer le jeu de mot) qui s’y colle…et ne s’y englue pas (contrairement à Koga Shinichi et son imbuvable EKO EKO AZARAK).

Le film commence presque exactement comme le chef d’œuvre FENÊTRE SUR COUR, puisque Ochazukenori reprend le principe utilisé par Alfred Hitchcock en son temps pour présenter le photographe L.B. Jeffries ; à savoir quelques gros plans sur des objets nous en apprenant beaucoup sur la condition du personnage principal sans même nous montrer directement ce dernier (ici des béquilles, une paire de jumelles…). Le cinéphile fera ainsi tout de suite le parallèle entre L.B. Jeffries et la petite Sakura, elle aussi bloquée dans son lit à la suite d’un accident…et rapidement poussée au voyeurisme par la force des psy-choses. Mais là où Ochazukenori agit intelligemment, c’est dans sa gestion de ce « clin d’œil » à FENÊTRE SUR COUR…clin d’œil qui servira en réalité à piéger le spectateur cinéphile (un spectateur plus lambda devrait au contraire tout de suite sentir venir le coup fourré – mais je préfère ne pas en dire plus).

Parallèlement à cette excellente maitrise de l’intrigue (Sakura est témoin des meurtres commis par son frère parce qu’elle espionne tout le monde avec ses jumelles depuis sa chambre), Ochazukenori nous propose de suivre le quotidien de lieux peu explorés par le cinéma japonais en général. Loin, très loin des temples de Kyoto, des néons bleutés de Dotombori ou encore des petites maisons de Nara : je veux bien évidemment parler des immondes barres d’immeubles que nous ne connaissons que trop bien en France (les bandes de ptits cons et les crottes de chiens en moins, au Japon). Cette idée donne véritablement un cachet certain à SANGEKIKAN: BLIND, à tendance gris-verdâtre du plus mauvais effet (à croire que Ochazukenori a fait exprès d’éviter tout ciel bleu – sans parler des cages d’escalier bien glauques).

Bref, ça fonctionne (peut-être parce que Ochazukenori avait déjà travaillé avec Yamaguchi Hiroki), c’est relativement original et finalement assez intéressant, même pour du V-Cinema. Alors bien évidemment, on aurait aimé quelque chose de plus craspec et de plus choquant (SANGEKIKAN: BLIND ne va vraiment, mais alors vraiment pas très loin) mais on s’en contentera…en attendant peut-être des adaptations plus barges prévues dans un futur proche ? Tenez pourquoi pas une autre histoire courte de SANGEKIKAN (le manoir de l’horreur), comme celle-ci (téléchargeable gratuitement sur l’App Store). On peut toujours rêver…oups non, plutôt cauchemarder !

Oli :        
Yasuko :

___________________________________________

Quick Review in English:

+ Ochazukenori directs the adaptation of his own manga
+ A clever reference to REAR WINDOW
+ Interesting serial-killer story, with a good main mystery
+ A good idea to shoot the movie in the dark suburbs of Japan

– Don’t expect the best serial-killer story of all time of course, this is V-Cinema
– Not disturbing enough, especially for an Ochazukenori’s work (not at all actually)

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Sangekikan: Blind, Ochazukenori et Yamaguchi Hiroki (2011)

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