Hectopascal: uzuku onna, Kamei Tôru (2009)


HECTOPASCAL: UZUKU ONNA, aka Hectopascal
ヘクトパスカル~疼く女
Année : 2009
Genre : à la pêche aux moules…
Production : AMG / Tohoo
Réalisation : Kamei Tôru
Avec : Honoka, Uchida Ryôsuke, Yuki Shôji, Yoshioka Kenji, Ôkubo Eiichi, Yamato, Kiba Hiromitsu, Satomi Yôko, Shijimi, Tanigawa Miyuki


Mio, une veuve trentenaire, dirige seule une petite entreprise de pompes funèbres, dans une ville côtière de la préfecture de Kagoshima. Mio a mauvaise presse, auprès des pêcheurs et habitants de la région, et pas uniquement en raison de son travail, qui consiste à vivre du décès des autres, à attendre le prochain grand typhon, les prochaines victimes de la mer et des éléments déchainés.
Tristement surnommée « le vautour », en raison de son travail jugé nécrophage, Mio serait, de plus, une femme facile qui s’offrirait à tous. Subjugué par la personnalité de cette dame isolée et effacée, le jeune Daikichi, légèrement diminué par une surdité à l’oreille droite, va répondre à une petite annonce afin de proposer ses services à la petite société de pompes funèbres.

C’est en naviguant nonchalamment sur l’un des meilleurs sites dédiés au cinéma asiatique que je suis tombé sur une chronique de HECTOPASCAL. C’est le titre qui m’a d’abord intrigué. Puis le casting, puisque c’est la belle et convaincante Honoka (ex-actrice d’AV originaire de Kagoshima – un hasard ?) qui mène la danse. Et enfin le nom du réalisateur : Kamei Tôru. Un illustre inconnu pas très connu précédemment responsable, entre autres choses, de films et de drama réussis sur le thème des chats (généralement ce sont des données aussi incompatibles que les termes « AKB48 » et « intelligence »), et surtout de ma plus grande expérience horrifique de ces dernières années (CHÔ KOWAI HANASHI).

Coupons court à tout suspense (qui n’existe d’ailleurs pas puisque vous avez sans doute déjà lu la chronique citée ci-dessus qui dit déjà tout – et bien) : HECTOPASCAL est un film sensuel et sexy sans jamais être graveleux, lent et pausé qui oublie d’être ennuyeux, et d’une finesse si discrète qu’elle pourrait finir par mouiller les yeux. Discrète, oui, car il faut être attentif pour apercevoir le seul et unique semblant de sourire de Mio, cette veuve trentenaire dirigeant une entreprise de pompes funèbres un peu à la dérive, à la manière de ces bateaux ivres les jours de grand typhon. Une femme constamment vêtue de noir, au regard flou, au ton monocorde et au comportement apathique. Son cœur est-il naturellement de la même couleur que ses vêtements mortifères, ou Mio s’est-elle artificiellement infligé ces blessures en forme de spectre flou accompagnant le moindre de ses pas ?

Non Mio n’est pas morte. Elle vit. Et si elle écarte les cuisses plus que de raison lorsque vient un typhon – et ses morts en mer annoncées (à fortiori de futurs clients), ce n’est pas pour autant qu’elle ne respire que par son entre-jambes. Une blague de potache et un sourire volé viendront donc apporter la preuve que Mio n’est pas qu’un cul. C’est aussi un cœur. Et, contrairement aux apparences, une tête bien pleine qui semble avoir compris bien des choses sur les grands mystères qui nous régissent. Bien plus de choses que son nouvel assistant (et rapidement nouvel amant) qui sortira d’ailleurs fortement déniaisé (dans tous les sens du terme) de cette torride, singulière et humide aventure.

Avec sa liberté de ton (il cosigne le scénario du film) et son talent pour la réalisation et les savantes idées de mise en scène, Kamei Tôru prouve une fois pour toutes qu’il est un artiste à suivre. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur quelques moments absolument magiques de HECTOPASCAL : l’habile gestion de l’énorme différence de taille entre Daikichi et Mio, le choix d’une musique légère et décalée ou encore la présence d’un handicape (ici une surdité partielle), dans le seul but de servir la narration et la mise en scène – au contraire d’un Park Chan-wook par exemple, qui a déjà utilisé ce stratagème pour gonfler artificiellement le pathos.

En somme, et même s’il ne sera pas lisible par tous, HECTOPASCAL est un film qui, à la manière des petits plats préparés par Mio, se mange sans faim : bonne apathie !

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ Great director (CHÔ KOWAI HANASHI), beautiful photography
+ Deep characters, very sensitive movie
+ Honoka is very good: is she really kind of dead inside?
+ One very funny scene with Shijimi!
+ A very clever use of Kagoshima natural sets
+ A very sensual movie, it’s never vulgar…and actually…
+ …for Kamei Tôru, the preliminaries are more important than the few sex scenes

– Are the flashbacks really necessary?
– All the spectators may not want to make the effort to deeply enter in the movie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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4 commentaires pour Hectopascal: uzuku onna, Kamei Tôru (2009)

  1. Oli dit :

    Le nouveau film de Kamei Tôru est prévu pour le 3 novembre 2012 au Japon : WATASHI NO DOREI NI NARINASAI – 私の奴隷になりなさい – Be My Slave. Avec l’excellent Itao Itsuji, Dan Mitsu et Sugimoto Aya (le casting me plait). Le trailer :

  2. Michix dit :

    Le commentaire me donne bien envie de voir ce film apparemment si particulier. Juste une question (idiote) : ce film est présenté comme « sensuel et sexy » mais est-ce que l’histoire est quand même du genre mystère ou horreur ?

    • Oli dit :

      Salut Michix. Non, s’il fallait le ranger dans une catégorie bien précise je dirais plutôt « film dramatique avec héroïne écorchée vive » – au sens figuré (je précise car sur ce blog le doute est permis🙂 )

  3. Michix dit :

    Ok. Merci pour ces précisions Oli. Donc Hectopascal: uzuku onna est un « film dramatique » avec une « héroïne écorchée vive ». Comme pour Sadako 3D, Je pense que je mettrais la main au portefeuille pour m’en faire une idée.

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