Kyôaku, Shiraishi Kazuya (2013)


kyouakuKYÔAKU, aka The Devil’s Path
凶悪
Année : 2013
Genre : histoire vrai-ment glauque
Production : Nikkatsu / Kazumo Co.
Réalisation : Shiraishi Kazuya
Avec : Yamada Takayuki, Piêru Taki, Rirî Furankî, Ikewaki Chizuru, Shirakawa Kazuko, Yoshimura Jitsuko, Kobayashi Katsuya, Saitô Yû, Yonemura Ryôtarô, Matsuoka Izumi, Jiji Bû, Muraoka Nozomi, Tobayama Bunmei, Hirosue Hiromasa, Tsukumo Hajime


Fujii Shûichi, un journaliste dévoué mais profondément marqué par une vie de famille difficile, va plonger en plein cœur de la misère humaine (et peut-être tirer un trait définitif sur son mariage ?) en acceptant la requête de Sudo, un yakuza condamné à la peine capitale. Ce dernier, qui s’est rendu coupable de nombreuses atrocités, souhaite se confier. Il n’aurait pas agi seul, mais sur ordre d’un homme d’affaires se faisant appeler le « sensei ». Ne possédant aucune preuve de ce qu’il avance, il choisit donc de se confier à un journaliste plutôt qu’à la police. Sceptique dans un premier temps, Fujii va très vite remonter une piste semée d’horreurs et d’embuches. Mais Fujii ira encore plus loin : il devra se battre contre son employeur, celui-ci ne souhaitant pas qu’il perde son temps sur de simples rumeurs, mais aussi affronter le courroux de son épouse, épuisée par la maladie mentale de sa mère et qui ne supporte plus de voir son mari s’éloigner chaque jour un peu plus…

Inspiré d’une histoire vraie s’étant déroulée à la fin des années 90 et au début des années 2000.

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KYÔAKU, c’est une idée de la misère urbaine : ces familles qui survivent en végétant ensemble, qui empruntent de l’argent à des hommes d’affaires peu scrupuleux et qui en viennent à accepter qu’un yakuza de bas étage (le Joe Pesci des taudis) dispose de la vie de leur vieux patriarche afin de toucher son assurance vie et ainsi pouvoir rembourser une partie de sa dette.  KYÔAKU c’est aussi la preuve que le journalisme n’est pas uniquement constitué de Closer, TF1 et autres Paris-Match : des gens se démènent parfois pour faire éclater certaines vérités, là où la police japonaise (dont on loue rarement la grande efficacité) traine souvent les pieds.

Le journaliste en question, interprété dans le film par un Yamada Takayuki comme toujours excellent (même s’il fait la tête 24 heures sur 24), a ainsi remué ciel et terre (et histoires glauques…) pour remonter la piste du « sensei », un homme d’affaires naviguant dans les projets immobiliers et par conséquent avec les yakuzas qui vont avec, au Japon. Afin de faire cracher les mauvais payeurs, ou trouver de nouveaux terrains en expulsant de force des petits vieux qui ne souhaitent pas quitter leur quartier délabré…

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Violent et décalé (avec un arrière-goût de TSUMETAI NETTAIGYO), KYÔAKU est également très dérangeant, son horreur étant presque palpable, diaboliquement réelle. Et si…et si ce genre d’atrocités avait lieu dans ma ville…mon quartier ? Il vaut peut-être mieux ne pas y penser…  Construit autour de deux axes principaux (le présent avec l’enquête puis le procès, et le passé avec la mise en scène des terribles pérégrinations du sensei et de ses yakuzas), l’histoire de KYÔAKU se révèle absolument passionnante, le réalisateur Shiraishi Kazuya parvenant à imbriquer ensemble les différentes époques avec maestria – ne vous attendez pas à de simples transitions façon « fondu au noir », c’est bien plus malin que ça.

Le casting, enfin, est une belle réussite. Le sensei fait peur tellement il a l’air normal…tandis que son bras droit de yakuza incarne parfaitement cette violence rustre, qui se transforme parfois en cruauté déraisonnée sous le poids de la misère intellectuelle et du manque d’éducation. Enfin, si la prestation de Yamada est bonne (mais tellement noire que ça en devient usant), il faut aussi noter la présence d’anciennes gloires de grands studios japonais (notamment la Nikkatsu) dans le rôle de vieilles dames à la dérive – pour des raisons mentales (Yoshimura Jitsuko) ou familiales (Shirakawa Kazuko). Perdues dans le vide du vague, elles n’auront même plus la force d’appeler à l’aide…de jeter une vulgaire bouteille à l’amer

Après être passée par la case « best-seller », cette histoire vraie, terrible incarnation de l’horreur moderne et sociale, est dorénavant un excellent film.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ From a real story: when social misery meets unscrupulous men and violent yakuzas
+ Good filmmaking, interesting paths between the present story and the past one
+ Good casting
+ Nikkatsu Queen Shirakawa Kazuko
+ Disturbing story: this is real modern horror

– Yamada is a very good actor, but in this movie he’s maybe too dark…

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Kyôaku, Shiraishi Kazuya (2013)

  1. Un arrière-goût de « Cold Fish »… intéressant et à la fois terrifiant. En tout cas, le fait divers sordide dépeint intrigue pas mal.

    • Oli dit :

      Oui c’est ça aussi qui m’a plu : le genre de « trucs » qui arrivent dans la société moderne japonaise, mais dont on ne parle pas toujours… Pas le film de l’année mais il mérite le détour.

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