Ajin, Motohiro Katsuyuki (2017)


AJIN, aka Ajin: Demi-Human, aka Ajin : Semi-humain
亜人
Année : 2017
Genre : Bullet(s) in the Head
Production : Toho / Production I.G. / Amuse
Réalisation : Motohiro Katsuyuki
Avec : Satô Takeru, Ayano Gô, Hamabe Minami, Tamayama Tetsuji, Kunimoto Shoken, Yamada Yûki, Suzumura Kenichi, Chiba Yûdai, Shirota Yû, Kawaei Rina, Miyano Mamoru, Mochizuki Musashi, Shinagawa Hiroshi, Yoshiyuki Kazuko


Les Ajin sont des humains pas comme les autres… Ils possèdent en effet une capacité régénérative qui dépasse l’entendement – et qui se manifeste lorsqu’ils meurent. Encore plus curieux : chaque Ajin possède un fantôme, une ombre imposante invisible aux yeux du monde mais dotée d’une force de frappe ahurissante. Le gouvernement japonais, au fait de leur existence, est parvenu à en arrêter quelques-uns. Devenus de véritables rats de laboratoire, ils doivent endurer les pires souffrances… L’un d’entre eux, Sato, est parvenu à s’échapper… Et il est décidé à faire payer le monde entier pour les tortures qu’on lui a infligées.

Le réalisateur Motohiro Katsuyuki revient de loin… Le problème pour l’intéressé, c’est que je garde des notes de tout ce que je vois. En me replongeant dans mes archives j’ai donc, tel un archéologue de l’impossible, retrouvé des traces de freinage cinématographique dans un fourreau de DVD en forme de slip sale : SHAOLIN SHÔJO. J’étais loin d’imaginer, à l’époque, que Motohiro Katsuyuki était capable de progresser autant. En dix ans, il est quand même passé du nanar patenté et presque gênant, au blockbuster (japonais, relativisons) avec de grosses stars au casting. Notons néanmoins que, techniquement, Motohiro Katsuyuki a affiché un sérieux presque constant, ces dernières années, et que les studios lui ont toujours fait confiance.

AJIN, qui adapte un manga, reprend le schéma simpliste des héros et des vilains dotés de super pouvoirs. Le gentil d’un côté, le méchant de l’autre. Et le spectateur qui creuse son ennui au beau milieu ? Pas vraiment. Tout d’abord, le super pouvoir en question est assez original : des individus immortels – mais qui peuvent mourir ! En fait, c’est en mourant que les intéressés, les Ajin, reviennent immédiatement à la vie en se régénérant. Scènes cocasses et un brin dérangeantes à la clé : un Ajin handicapé par une blessure préférera se tirer une balle dans la tête pour renaître dans la foulée, frais comme un gardon – mais le traumatisme au portillon ?

Une autre grosse qualité de AJIN : son rythme. Il ne se prend pas trop au sérieux et commence pied au plancher. Action, fusillades, petits rebondissements, scènes cataclysmiques… ça va assez loin, en fait, et c’est assez nerveux – Ôuchi Takahito, l’action director, compte quand même sur son CV les cascades de RURÔNI KENSHIN. Hélas, AJIN est aussi souvent rattrapé par ses personnages, en particulier le « gentil », lisse au possible et auquel on a bien du mal à s’attacher – surtout que le bad guy, particulièrement bad d’ailleurs, se révèle beaucoup plus intéressant. Malgré ce qu’il fait subir à tant d’innocents, on a presque envie qu’il s’en sorte – n’est-il pas une victime lui-même ? Le spectateur se retrouve alors pris en otage par le scénario du film : obligé de s’identifier à un héros fade et à des agents secrets retors et calculateurs (quand ils ne sont pas ridicules : la jeune femme), alors qu’il tendrait plus naturellement à se rapprocher du méchant, aux actes monstrueux, mais plus ambigu et donc cinématographiquement intéressant.

Ce souci majeur n’est pas le seul écueil du film. Le second pouvoir des Ajin, permettant aux intéressés de matérialiser une espèce de colosse fantomatique invisible aux yeux des humains, fait un peu « Hulk du pauvre ». Je n’ai pas compris son intérêt cinématographique – à part pour injecter des combats peu intéressants tout en CGI corrects, mais sans plus. Le final repris de TERMINATOR 2 n’arrange pas les choses. Malgré une jolie feinte, le réalisateur semble une nouvelle fois essayer de nous faire aimer le héros, alors que bien au contraire, on s’inquiète du sort de son antagoniste ! C’est là l’évidente malédiction de AJIN. Le spectateur aime certaines choses ou certains personnages, mais on nous sert et ressert leurs contraires ! Vous vouliez plus de gunfights et de morceaux de bravoure énormes ? On va vous imposer des combats de fantômes inintéressants. Vous aviez envie que le méchant tire davantage la couverture à lui ? Le film va tout faire pour donner le dernier mot aux zéros… euh, aux héros.

Si AJIN demeure un divertissement d’action fantaisiste très correct, je lui préfère cependant – et d’assez loin – son pendant SF intitulé INUYASHIKI. Beaucoup plus maîtrisé et aux personnages mieux écrits.

Oli :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Two good main actors
+ The gunfights are cool
+ The bravery scenes of the bad guy are great
+ Ayano Gô is the best!
+ I like the idea of this super regeneration
+ Not a bad movie after all, it’s entertaining

– The main actors are good but god, most of the other actors are so bad…
– I like Satô Takeru but his character is not well written… He’s bland
– The bad guy is interesting, but the movie tries to make you love the heroes…
– … and it’s an epic fail from my point of view
– I did not like the ghosts… Their fights are boring
– In the same genre, INUYASHIKI is far better

 

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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4 commentaires pour Ajin, Motohiro Katsuyuki (2017)

  1. Genki Jason dit :

    I tried watching this on a flight to Japan and was worn out by the end. Too much action.

    The manga left me cold and the film didn’t get me.

    • Oli dit :

      Too much action, it’s not a problem for me. But here, yes, especially with the ghosts fights, it’s boring. But this movie needs ation I guess, because the characters are not well written, some of them are a disaster (the hero, the spies, etc.). Without the action, the movie would have been worst I guess.

  2. Postscriptom dit :

    Bien aimé celui-là perso, la première demi-heure est excellente et c’est vrai que le rythme est bien tenu, pas trop gêné par les « fantômes » bizarrement, ça colle bien à l’anime et la mise en scène est tout à fait bonne dans l’ensemble, bref je lui aurais mis un petit 2 quand même, mais je suis trop bon public sans doute…

    • Oli dit :

      Ou c’est moi qui suis trop sévère 😉 J’ai eu un gros souci avec pas mal de personnages en fait… Mais ça reste un divertissement d’action bien sympathique, oui ! Toujours content d’avoir tes retours !

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